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La Cuisine Amazonica

LA CUISINE D'AMAZONAS
La cuisine d'Amazonie est à la mesure de son écosystème: vaste et essentiellement à base de poissons de ses innombrables rivières. On dit que l'on pourrait déguster chaque jour un poisson différent pendant plus de trois ans! Les amazonenses se permettent donc le luxe de n'en manger que les poissons à écailles. Même la dorade est écartée de leur liste! Question h'habitude. Il paraît, cependant, qu'il s'agit d'un tabou des indiens: les poissons lisses pouvaient apporter des maladies... Aussi, c'est la cuisine indienne par excellence. Présence obligé dans cette cuisine, la farinha - farine de manioc - en est le deuxième pillier. Viennent ensuite, les fruits les plus exotiques et à la mode (à Rio) et le gibier (petit et gros).

  n Voici les principaux produits locaux:

ü noix de coco: le fameux côco, avec lequel on fait une infinité de produits. Voir côco.

Le pirarucu [piraroucou] est un poisson du bassin amazonien, à grosses écailles âpres. Il peut mesurer jusqu'à 2,5 mètres et peser 80 kg. C'est le plus grand du genre au Brésil. Sa langue est utilisée pour raper le guaraná [güarana]; l'écaille, pour limer les ongles. Il défend ses alevins en les cachant dans sa bouche. Sa viande est très appréciée. Le tambaqui, gris, est un poisson des plus courants et des meilleurs du marché de Manaus. Il se nourrit de fruits, avec lesquels il est aussi pêché. Le tucunaré [toucounarè], couleur d'argent, peut arriver à 60 cm et a une excellente viande, très prisé. Les trois premiers sont les préférés des manauenses et le plat le plus courant c'est le pirarucu de casaca ("pirarucu en tenue de soirée"). Lors de son passage à Manaus, c'est ce que le pape Jean-Paul II a mangé. Il a aimé ce poisson, puisqu'il en a repris. Autres curiosités de la cuisine de la région est la préférence locale pour les rabos de jacaré, les queues de crocodile (grillées ou le pot-au-feu de queues de crocodile) et la tortue (malgré l'interdiction qui pèse sur ces dernières). Ci-contre: Pudding de tambaqui aux crevettes. La farinha, la farine de manioc (le deuxième pillier de la cuisine locale) se mange parfois simplement mélangée à de l'eau - le chibé - et cela peut constituer l'alimentation des habitants. Mais on mange de tout avec de la farine, y compris les fruits. Les mangas com farinha mangues à la farine sont une spécialité pour les amazonenses! Et ils adorent les avocats passés au mixer avec de la farine et du sucre. En fait, avec la farine on en fait le fameux pirão (une espèce de purée) qui sert de garniture pour nombre de plats (et pas seulement en Amazonie). Il y a quatre types de farinhas à retenir: farinha d'água (farine d'eau, la plus authentiquement indienne) uarini (jaune, avec des graines moyennes comme la semoule, l'une des plus prisées) suruí (très blanche et très fine) farinha seca (ordinaire) N'oublions pas que c'est aux indiens de la région (les araucas) qu'il revient la découverte et le traitement du manioc. Aujourd'hui, on mange de la farine de manioc d'un bout à l'autre du pays. Et, avec les Portugais, dans le temps, la farinha a gagné l'Afrique et l'Inde! Comme nous disions, donc, la cuisine amazonienne est fortement influencé par la tradition indienne. Les indiens ne connaissaient pas le sucre et utilisaient très peu de sel. La préparation de leurs mets était fort simple. Le peixe (poisson) était pratiquement tout ce qu'ils mangeaient. En voici les principales manières de préparation: assado (grillé), en général, moqueados (emballés dans des feuilles d'arbres), ou bien légèrement rôtis, quelquefois cuits. Pour assaisonner le tout, il y a une préférence locale pour les piquants. On compte quatorze types de pimentas piments, parmi lesquels: pimenta-de-cheiro ("piment d'odeur"), moins fort et plus utilisé, pimenta malagueta, très connue dans tout le pays, pimenta mata-frade ("piment tue le moine") pimenta rosa. Comment parler de la cuisine d'Amazonie sans parler du guaraná? C'est un petit fruit rouge (comme une cerise) qui valait de l'or pour les indiens. Avec un peu de guaraná, on pouvait passer une journée entière sans manger! Et si vous ne le saviez pas sachez-le: entre autres miracles, le guaraná est aussi employer pour redonner de l'appétit... sexuel! Mais pas le guaraná en cannette qu'on boit dans n'importe quel bar. Il s'agit du vrai guaraná nature, acheté en bâtons et rapé avec la langue du pirarucu! Voici les principaux produits locaux: pirarucu tambaqui tucunaré jaraqui matrinchã pacu curimatã surubim aracu bodó aruanã tamuatá traíra piramutaba piranha pescada sardinha
ü manioc: du tubercule du manioc (mandioca) - plante d'Amérique du Sud, de la famille des euforbiacées - il est produit de la farine (farinha) et du tapioca (polvilho ou goma). Voir Mandioca.

ü macaxeira: (du tupi maka xera) espèce de manioc comestible que l'on cuit dans l'eau. On les mange avec de la viande, comme garniture ou au lait (à la campagne du Nordeste). On en fait aussi le fameux bolo (gâteau) de macaxeira ou bolo de aipim.

ü aipi ou aipim: du tupi aipi; le même que macaxeira.

ü caju: le fruit de l'anacardier. On mange le fruit frais, on en fait des jus (suco de caju), des cajus en compote sucrée (doce de caju) ou encore cristalisés (caju cristalizado). Les châtaignes sont grillées (parfois salées). On en fait de la farine en les pilant et en y ajoutant de la farine de manioc.
Ce n'est donc pas étonnant que cet héritage indien commence déjà avec le nom des poissons utilisés. Pas question de les citer tous (les espèces répertoriées dépassent 1.300). Donc, dans l'État d'Amazonas, ce n'est pas le poisson qui manque. Il y a même des gens qui prennent du poisson au petit déjeuner. En voici les espèces les plus connues: Petit lexique pour les débutants (1): farinha: il s'agit d'une farine faite de manioc beijus (des espèces de crêpes, pliées en deux, faites avec de la farine de manioc) pirões (le pluriel de pirão (purée) de farine de manioc) mingau (espèce de panade faite avec de la farine de manioc) babaçu carnaúba rucum


Dans l'Etat d'Amazonas, comme dans d'autres Etats du Nord, le manioc est aussi incontournable. Et, comme pour beaucoup d'autres Brésiliens, s'il n'y a pas de farinha, pour un amazonense de la campagne ou quelqu'un de traditionnel, il n'y a rien à manger! La farinha, souvent sous la forme de farofa, accompagne le feijão. Pilée avec de la carne de sol râpée elle deviendra la fameuse paçoca.
 

Comme dans les autres États de la région Nord, le manioc est un aliment de base de la population. Consommé sous la forme de farine et de goma, il entre dans la composition de toutes sortes de galettes: beijus, tapiocas, sans parler de la farofa qui accompagne tous les plats du déjeuner et certaines préparations servies au dîner et au petit déjeuner.
 

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