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Le
manioc
(Manihot utilissima),
qui appartient à la famille des euphorbiacées,
est une plante d'Amérique du Sud. Le nom manioc est d'origine tupi,
maniok.
Le
manioc
fournit l'un des plus grands nombres de produits pour la table et le palais
des Brésiliens: de la farinha
de mandioca (farine
de manioc) aux tapiocas,
en passant par la le tapioca pour la le fameux pão-de-queijo. Une
plante qui est et qui a tout une légende...
Le Manihot
utilissima
Cet arbuste typiquement brésilien, de nos jours, est planté
un peu partout dans le monde, pourvu que le climat soit chaud et humide
et les sols pas trop argileux. Le Manihot utilissima est l'espèce
la plus cultivée au Brésil. Mais, il existe environ 1.200
espèces dans notre pays. Ces espèces sont soit acides
(bravas) soit douces
(doces). Autres noms du manioc au Brésil: aïpi,
aïpim, uaïpi, macaxeira, mandioca-doce, mandioca-mansa, maniveira,
pão-de-pobre.
Ce sont les racines assez grossses du manioc qui sont comestibles.
Le manioc
acide
La forte teneur en acide
cyahnydrique
des racines de ces maniocs est la caractéristique Accueile de
ces espèces de mandioca
bravas.
Cet acide est un poison très violent, voire mortel, pour les
hommes et les animaux. Quant
au manioc
doux,
il est très utilisé dans l'alimentation - surtout rurale
- au Brésil.
Le
manioc au quotidien...
Le Accueil produit du manioc acide ,
la farine de manioc, est présent
dans le quotidien de millions de Brésiliens. Dans le cas du manioc
doux, les racines sont mangées cuites, en purée
ou frites par la suite.
Processus
de fabrication de la farine de manioc
Chez les indiens, le manioc était râpé
sur des planches encrustées de petits cailloux pointus. Ensuite,
la purée fraîche était mise sur le tipiti, espèce
de tamis fait avec des feuilles de palmier que l'on utilise encore de
nos jours dans certianes régions réculées. Une fois
l'acide cyahnydrique parti, le manioc était séché
puis cuit.
Méthode
moins artisanale
Après être arrachés du sol, les racines sont transportées
vers les casas de farinha. Là,
à la mode ancienne, le travail se faisait à la chaîne
(rustique), par une bonne quinzaine de personnes, surtout des femmes.
Voici les principales étapes de ce travail:
-
l'arrachage:
les hommes arrachent les plantes du sol et séparent les racines
de la tige. Celle-ci sera coupée en morceaux pour être
replantés.
-
le
transport:
réalisé en général par des hommes. Le
transport se faisait (se fait encore?) à dos d'âne dans
des caçuás, de gos
paniers de lianes... A l'arrivée à la Casa
de Farinha, ils sont entassés dans un coin. Les râpeuses
sont assises par terre en forme de grand cercle et enlèvent
la peau du manioc. Celle-ci est brune et rugueuse de l'extérieur
et blanche et lisse de l'intérieur. Quelqu'un les approvisionne
en tubercules pour éviter qu'elles se lèvent. Pendant
l'opération du râpage, elles jasent, racontent des histoires
drôles ou chantent.
-
le
râpage:
travail effectué en général par des femmes, en
cercle autour d'un gros tas de racines, au centre de la Casa
de Farinha. Une fois râpés, les tubercules sont
amenés au râpeur pour être écrasés
ou moulus.
-
le
broyage:
fait par des hommes ou des femmes. Les racines sont coincées
contre un cylindre tournant avec des pointes de fer coupantes. Une
grosse roue en bois mise en mouvement par deux hommes qui se relaaient
faisait tourner le cylindre par une courroie de cuir. De nos jours,
ce sont des moteurs.

-
le
pressage:
fait par des hommes. Le pressoir, en bois, était rustique et
le fond en était recouvert de feuilles de palmier (en général,
du palmier carnaúba).
L'acide cyanhydrique dégagé, la manipueira,
tombe dans une cuve pour décantation. Les dépôts
ultrafins qui se mettent au fond de la cuve (la goma, le tapioca ou
le polvilho), une fois secs et passés au tamis serviront à
faire les galettes tapiocas, entre autres. Cette goma se conserve
en remettant dans un récipient avec de l'eau, c'est la goma
fresca (poudre fraîche) ou alors elle est directement
séchée, c'est la goma seca..
-
le
séchage:
au sortir de la presse le manioc pressé est mis sur des grosses
tables faites de branches et recouvertes de feuilles de palmier. Travail
effectué en général par des hommes. Le séchage
se fait en plein air.
-
le
tamisage:
de gros tamis (peneiras) faits de
lianes et de feuilles de palmier, que l'on appelle arupema
ou urupema. En général,
fait par les femmes. Ce travail a été chanté
par le grand chanteur nordestino Luiz Gonzaga.
-
la
cuisson:
la poudre de manioc séchée
est mise sur un grand four de 2-3m de diamètres, chauffé
au au bois... Lors de la cuisson, on profite aussi pour faire les
beijus et les tapiocas.
-
la
mise en sacs:
voilà le travail enfin fini! Le manioc est prêt à
être consommé. Les vieux paysans mettaient leur viande
séchée à conserver dans les sacs de farine, qui
servaient alors de frigo!
Le
travail et la fête
Tout
ce travail se faisait jour et nuit, d'affilée, selon la tradition,
mais dans une ambiance de fête, telles les vendanges (pour l'esprit
de la chose).
A la fin, la farine sera stockée
pour la consommation de toute l'année et le surplus vendu sur les
marchés.
Les
produits du manioc: la suite.
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